revue de presse de La douzième île

Groupe France Mutuelle Magazine

n° 117 - septembre octobre 2009

Il y a toujours un peu de nostalgie pour un homme de théâtre à se remémorer ses années d’apprentissage. Dans la plupart des cas, il les a passées en bandes au sein de compagnies généreuses et enthousiastes. Cette nostalgie se double sans doute d’un peu d’envie lorsqu’il croise une de ces équipes car, comme le note Aragon : « Alors, il se retourne et il voit sa jeunesse ».

Je songeais à cela l’autre soir, en assistant au Théâtre de Ménilmontant à la représentation de la pièce d’Eric Durnez.

D’abord, il y avait cette foule de jeunes, jusque dans la rue, bavards et rieurs, puis cette salle, pas tout à fait confortable, mais intime et chaleureuse, enfin le spectacle aux maladresses charmantes, à l’invention permanente et surprenante.

Durnez est un auteur belge, rigoureux et que je crois plus difficile qu’il n’y parait. Prix du théâtre en 1999, prix de la dramaturgie francophone en 2002, il avait écrit cette pièce pour de jeunes artistes, la qualifiant lui-même de « fable naïve et romanesque ».

Caroline Alaoui, metteur en scène professionnelle, a réuni des comédiens « amateurs éclairés » de tous les horizons et n’a rien gommé de la légèreté et de l’onirisme de l’histoire : « Un asile psychiatrique dans une île. Sa gestion par une directrice-ditacteur pose de multiples interrogations compte-tenu d’inquiétantes morts étranges. Une jeune milliardaire achète l’île, par ailleurs soumise à une enquête ministérielle ». 

Caroline Alaoui possède un grand sens de l’utilisation d’espaces multiples en un lieu finalement réduit et une habile, c’est-à-dire ferme et souple à la fois, direction d’acteurs. Ses qualités n’étonnent guère quand on apprend qu’elle a été formée entre autres par Alain Pralon, Sylvia Bergé, Pierre Vial et Mireille Laroche.

Il faudrait pour des raisons d’équité nommer tous ces comédiens talentueux, mais les autres ne m’en voudront pas de mettre en avant Sophie Favre, magnifique Madame, belle silhouette, hautaine et sévère.

Je m’en voudrais aussi de ne pas citer le comédien qui joue Van Trof, naïf, malicieux, sentimental, l’œil bleu aux aguets, interprète idéal des Arlequins chers à Marivaux. Pourquoi aurais-je la pudeur mal placée et pourquoi commettre l’injustice de ne pas en parler sous prétexte qu’il est mon fils Camille ?

Ne manquez aucun des spectacles à venir de la troupe « Aux dires d’Ascalie », une telle dynamique ne saurait vous laisser indifférents.

Pierre Vielhescaze

Aux dires d'Ascalie est une compagnie de théâtre amateur située dans le 11e arrondissement à Paris.

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